Bernard Caïazzo évoque le football français

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Bernard Caïazzo évoque le football français

Message par Albinus le Jeu 16 Oct - 20:40

Actuellement,
l’impression générale est que le football français subit des
turbulences. Menace de grève des joueurs, arbitrages, résultats des
clubs français… nous avons demandé à Bernard Caïazzo, celui des deux
présidents qui représente l’ASSE sur le plan national et qui connaît
donc bien à ce titre les instances, de nous donner son opinion sur
chaque grand sujet. Et, de nous éclairer sur toutes ces questions qui
concernent non seulement l’ASSE mais également tout notre football.










Bernard
Caïazzo, depuis quatre ans, vous travaillez pour que l’ASSE soit bien
présente au niveau des instances nationales du football, êtes-vous
satisfait du rôle joué par notre club sur ce plan ?

Bernard Caïazzo :
«En quatre ans, l’ASSE a pris une place prépondérante dans les
instances. En 2004, nous n’étions présents ni au Comité exécutif de
l’UCPF, encore moins au conseil d’administration de la Ligue ou à la
Fédération. L’ASSE n’avait aucun poids dans les instances nationales.
Il a fallu travailler pour être élu progressivement à tous les
niveaux. Etre compétitif sur le terrain est capital, mais être présent
dans le gouvernement du football français est aussi très important pour
faire entendre la voix de l’ASSE et défendre les intérêts du club.
Pendant que Roland Romeyer, mon associé dans cette belle aventure
des Verts, travaille à Saint-Etienne sur le terrain, je me suis
impliqué au niveau des instances pour rendre à l’ASSE le rôle qui était
le sien, en terme d’influence dans le football français.
Après quatre années de travail, nous sommes fortement présents à
tous les niveaux stratégiques du football français. L’ASSE a la
Vice-présidence de l’Union des clubs qui regroupe l’ensemble des 43
clubs professionnels en France. Egalement, nous avons été élus à la
présidence du collège de Ligue 1 qui regroupe les 20 clubs de Ligue 1.
En septembre dernier, nous avons été élus au conseil d’administration
de la Ligue qui compte 25 membres dont 12 présidents de clubs. Vendredi
dernier, lors du dernier conseil, nous avons été élus au bureau de la
Ligue qui compte 12 membres dont 7 présidents de clubs. Enfin, on peut
ajouter que nous sommes à la commission marketing qui s’occupe en
particulier des droits TV.
Nous sommes également un des deux clubs français qui représente le
football professionnel à la Task Force sur l’arbitrage de la fédération
française.
Nous pouvons donc constater que l’ASSE est désormais présente avec
un rôle important à tous les niveaux du football français. En quatre
ans, nous sommes donc passés d’un rôle insignifiant à un rôle majeur
dans le football professionnel, ce qui est très satisfaisant.

Comment êtes-vous parvenus à ce que l’ASSE soit désormais présente dans tous les organes de pouvoirs du football français ?
Bernard Caïazzo : «D’abord,
nous devons cela à notre mode d’organisation. Pendant que Roland
Romeyer et Vincent Tong Cuong travaillent à Saint-Etienne sur
l’interne, je peux me libérer pour participer aux réunions nationales,
ce qui prend facilement 2 à 3 jours par semaines. Je dois, d’ailleurs,
remercier Roland et Vincent pour leur travail. Sans eux, je ne pourrais
être disponible sur le plan national. L’avantage d’être deux associés
dans un club médiatisé, comme l’ASSE, est d’être deux fois plus
présents et disponibles.
Le travail de Roland m’a donné de la disponibilité pour être
présent dans un premier temps à l’union des clubs dans les différentes
réunions de présidents.
Lors de ces réunions, mes collègues présidents ont appris à mieux
nous connaître. Lors des dernières élections, l’ASSE a été élue avec la
totalité des voix des clubs donc des autres présidents, ce qui
démontrent que notre travail est apprécié. L’ASSE défend les intérêts
de tous les clubs, qu’ils soient petits, moyens ou grands. Les clubs
français ont intérêt à s’unir car le football français est en danger
face à la concurrence des autres pays européens.
Il y a trois ans, l’ASSE a gagné une place au comité exécutif de
l’Union des clubs, puis il y a deux ans, nous avons été élu à la
vice-présidence.
Nous avons grandement œuvré pour une répartition juste et homogène
des droits TV en protégeant la Ligue 2 sans léser les clubs les plus
médiatiques.
Depuis quelques semaines, nous sommes présents au Conseil
d’Administration de la Ligue et surtout au Bureau de la Ligue qui, avec
12 membres, est peut être l’organe de décision le plus important du
football professionnel. Les 7 clubs représentés au bureau sont en plus
de l’ASSE, l’OM, Le Havre, Le Mans, Lyon, Lille et Reims.
Cependant, je défends un principe qui est de représenter
l’ensemble des clubs pros. Il ne s’agit pas de défendre les intérêts de
quelques uns, mais de défendre les intérêts de tous les clubs.
Avec le président de l’Union des clubs, Jean-Pierre Louvel,
président du Havre, nous tenons à cette valeur d’unité et d’équilibre.
Pendant trop longtemps, le pouvoir dans le football français a été
celui de 3 ou 4 présidents. Or, il faut respecter ceux qui vous élisent
et respecter la démocratie.

Afin d’expliquer comment fonctionnent les clubs pros en
terme de décision, quel est le rôle de l’UCPF, de la Ligue, du bureau
de la Ligue ?

Bernard Caïazzo : «L’UCPF, ce n’est pas le syndicat des présidents mais l’Union des Clubs. L’UCPF signifie Union des Clubs Pros de Football.
A la base l’UCPF est constitué de 43 clubs pros répartis en deux collèges : 20 clubs en L1 et 23 clubs en L2 et National
Les collèges travaillent sur tous les grands sujets et prennent des décisions.
Ces décisions sont rapportées au Comité exécutif de l’UCPF,
constitué de 14 membres (10 Ligue 1, 4 Ligue 2). Le comité exécutif
confirme les décisions des collèges. Sachant que sur 14 membres du
comité exécutif 11 sont au conseil d’administration de la Ligue, il est
facile de remonter la position majoritaire des clubs au conseil.
Sachant que les 7 membres du bureau sont au conseil mais également
au Bureau de la Ligue, il est clair que la position du bureau est celle
des clubs. Le système fonctionne donc de façon démocratique avec la
mise à exécution non pas de l’avis de Bernard Caïazzo ou de Jean-Michel
Aulas mais de celui de la majorité des clubs.
La conception et fonctionnement de ce modèle démocratique sont
récents puisque cela date de juin dernier. Les clubs ont adhéré à un
projet qui a pour but d’améliorer la compétitivité du football
français. Ce projet a été débattu et voté à la majorité absolue de
façon démocratique.

Cela explique-t-il la volonté des clubs d’être majoritaires au Conseil d’Administration de la Ligue ?
Bernard Caïazzo :
«Tout à fait. L’Union des clubs a fait faire une étude par un cabinet
conseil très sérieux sur le sujet de la compétitivité de nos clubs. Il
en est ressorti que, contrairement aux autres grandes ligues
européennes en France, les clubs ne détiennent pas la majorité au
Conseil d’Administration de la Ligue. Cette situation est un handicap
pour faire face à la concurrence européenne.
La France est restée à l’ancien système du temps où les clubs
étaient des associations Loi 1901. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Les grands clubs européens sont des sociétés solides avec des chiffres
d’affaire très importants et une organisation de leur Ligue qui n’a
qu’un seul objectif : améliorer leurs revenus et leur compétitivité.
Si nous ne mettons pas au diapason de l’Angleterre, l’Espagne,
l’Italie, l’Allemagne, je vous garantis que le football français va
connaître une grave crise de résultats.
De plus, sur le plan légal, qui sont les membres de la Ligue ? Ce
sont les clubs exclusivement. Est-il normal, dans une organisation
quelque qu’elle soit que les membres n’aient pas le pouvoir de décision
majoritaire ? Dans les associations de supporters, ce sont les membres
qui décident. A la Fédération, ce sont les clubs qui ont la majorité,
idem dans les ligues ou districts. A la Ligue de basket, volley, rugby,
ce sont les clubs. Il n’y a pas un seul exemple dans le sport, dans les
fédérations, les ligues, en France ou à l’étranger, où les clubs n’ont
pas la majorité.
Le seul et unique exemple dans le monde, c’est la Ligue de
Football Professionnel. Une telle anomalie dans le football moderne est
un handicap. La demande des clubs pros est d’être traité dans le
football, en France, comme partout ailleurs. Comment peut-elle être
illégitime ?

Le ministre des sports a donné raison aux clubs pros sur
le sujet, mais à demander d’attendre les prochaines élections à la
Ligue dans 4 ans ?

Bernard Caïazzo : «Je
ne suis pas sûr que Bernard Laporte veuille attendre quatre ans. J’ai
beaucoup de respect pour Bernard Laporte. Dans quatre ans, nous serons
devenus la 8e ou 9e nation européenne de football et il sera trop tard.
Bernard Laporte a demandé de lancer le dialogue avec nos partenaires et
les familles. Il ne veut pas de précipitation mais il est conscient que
le football français subit un handicap.
On ne peut continuer avec un conseil d’administration qui
fonctionne dans le compromis car aucune majorité claire ne se dégage.
Aucun système ne peut fonctionner sans une majorité claire.
Nous sommes d’accord pour que les syndicats de joueurs,
entraîneurs, arbitres, administratifs, médecins soient représentés
comme toujours à la ligue, mais nous voulons réparer cette anomalie qui
est, que la Ligue de Football en France, est la seule organisation
sportive dans le monde, où les membres n’ont pas le pouvoir de décision
majoritaire. Sur les questions économiques en particulier, c’est un
énorme handicap pour les clubs.


Si les joueurs ne sont pas d’accord et vont vers la grève ?
Bernard Caïazzo :
«Je crois que personne, joueurs, entraîneurs, arbitres n’a envie de
voire une grève. Les droits de joueurs dépendent de la Charte que le
conseil d’administration de la LFP ne peut changer. Si je suis joueur,
entraîneur ou arbitre, je réfléchirai à deux fois à mon véritable
intérêt. N’est ce pas le but d’avoir un football français compétitif,
puissant et organisé ?
Nos joueurs rêvent tous de l’Angleterre et de l’Espagne car les
footballeurs gagnent plus. Or, comment fonctionne le professionnalisme
dans ce pays ? Avec un vrai pouvoir majoritaire des clubs.
Si les joueurs veulent gagner plus en France, ils ont intérêt à ce
que les clubs maîtrisent leurs ressources économiques en étant
majoritaires à la Ligue. N’oublions pas que, plus un club dispose de
ressources, et plus les salaires des joueurs sont élevés. Même chose
pour l’arbitrage.
Les clubs préfèreraient un arbitrage professionnel ce qui est
également l’intérêt des arbitres. Dans tous les cas, l’arbitrage doit
rester indépendant. Les clubs ne veulent pas que la Ligue dirige
l’arbitrage. Ce serait une erreur de la part des hommes de terrain
d’aller vers la grève.
D’une part, cela ne changerait rien à la volonté de réforme des
clubs. D’autre part, vis à vis de l’opinion public et de tous les
français qui ont du mal à mettre de l’essence dans leur voiture, cela
produirait un effet désastreux.
Pour que l’économie du football se porte bien, il faut une direction claire des clubs.
Les joueurs devraient se poser la question. Pourquoi la LFP est le
seul exemple dans le sport en France et en Europe où les clubs ne sont
pas majoritaires. Si une organisation majoritaire des clubs dans le
football pro fait peur à certains joueurs, pour être cohérent et
logique, cela signifierait que ces joueurs n’iraient jamais jouer en
Angleterre, Espagne ou Allemagne, là où l’organisation du football est
dirigée par les clubs uniquement.
De plus, une grève ne servira à rien d’autre que perdre 10% de salaire aux joueurs.
L’Union des clubs a proposé aux syndicats de discuter pour
comprendre les motivations profondes, trouver des solutions et
travailler dans l’intérêt de tous.

Vous avez évoqué le sujet de l’arbitrage. En tant que
membre de la Task Force sur le sujet, quelle est votre opinion sur
l’arbitrage en France ?

Bernard Caïazzo : «
D’abord, il ne faut pas confondre arbitre et arbitrage. Il n’y a aucun
problème d’arbitre en France. Il y a un problème d’arbitrage en France,
comme dans tous les pays européens. L’arbitre fait son métier dans des
conditions difficiles. C’est une victime. Il faut soutenir et aider les
arbitres. C’est une erreur de mettre de la pression sur eux. En fin de
saison dernière, il y a eu très peu d’erreurs. Il y avait de gros
progrès grâce à l’adhésion et à la considération de tous, pour les
arbitres. Depuis le début de la saison, il y a de nouveau trop de
pression sur les arbitres.
Il s’agit bien sur de tout faire pour améliorer l’arbitrage, mais
ce n’est pas par des déclarations publiques que nous y arriverons.
Tout d’abord, il faut bien comprendre que, sans arbitre, il ne
peut y avoir de matchs de football. Ensuite, il faut prendre conscience
qu’un arbitre doit décider en une fraction de seconde et n’a pas dix
minutes pour voir et revoir des images bien confortablement installé
devant une télévision. Comment aider les arbitres ? C’est le seul et
unique objectif de la Task Force sur l’arbitrage mis en place entre
fédération et ligue.
Ce groupe de travail est animé par un président indépendant, qui a
une totale liberté d’action et d’opinion : Gérard Ernault, ancien
directeur de la rédaction de France Football. Cet homme de qualité qui
connaît bien le football poursuit un seul objectif «aider et améliorer
l’arbitrage en France».
Je crois vraiment dans la volonté et la capacité de ce groupe de
travail pour atteindre l’objectif de rendre meilleur notre arbitrage.
Il est important de comprendre que l’arbitrage français n’est pas en
dessous des autres arbitrages en Europe. Il doit simplement s’améliorer
comme notre football doit s’améliorer au niveau du jeu, comme de ses
structures. Chaque acteur de notre football doit prendre conscience que
l’arbitrage mérite d’être aidé plutôt que critiqué publiquement.
A l’ASSE, lorsque nous avons quelque chose à dire aux arbitres,
après un match, nous le faisons de façon courtoise dans la
confidentialité du vestiaire des arbitres. C’est la meilleure façon de
dialoguer en direct. Se servir des médias est une erreur.»


Bernard Caïazzo est l’invité de l’émission Espaces Clubs diffusée, jeudi soir, sur Onzéo à 19h30 et 20h30.


Source officiel ASSE.FR


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Re: Bernard Caïazzo évoque le football français

Message par Le Normand Vert le Ven 17 Oct - 1:19

Albinus a écrit:Actuellement,
l’impression générale est que le football français subit des
turbulences. Menace de grève des joueurs, arbitrages, résultats des
clubs français… nous avons demandé à Bernard Caïazzo, celui des deux
présidents qui représente l’ASSE sur le plan national et qui connaît
donc bien à ce titre les instances, de nous donner son opinion sur
chaque grand sujet. Et, de nous éclairer sur toutes ces questions qui
concernent non seulement l’ASSE mais également tout notre football.










Bernard
Caïazzo, depuis quatre ans, vous travaillez pour que l’ASSE soit bien
présente au niveau des instances nationales du football, êtes-vous
satisfait du rôle joué par notre club sur ce plan ?

Bernard Caïazzo :
«En quatre ans, l’ASSE a pris une place prépondérante dans les
instances. En 2004, nous n’étions présents ni au Comité exécutif de
l’UCPF, encore moins au conseil d’administration de la Ligue ou à la
Fédération. L’ASSE n’avait aucun poids dans les instances nationales.
Il a fallu travailler pour être élu progressivement à tous les
niveaux
. Etre compétitif sur le terrain est capital, mais être présent
dans le gouvernement du football français est aussi très important pour
faire entendre la voix de l’ASSE et défendre les intérêts du club.
Pendant que Roland Romeyer, mon associé dans cette belle aventure
des Verts, travaille à Saint-Etienne sur le terrain, je me suis
impliqué au niveau des instances pour rendre à l’ASSE le rôle qui était
le sien, en terme d’influence dans le football français.
Après quatre années de travail, nous sommes fortement présents à
tous les niveaux stratégiques du football français. L’ASSE a la
Vice-présidence de l’Union des clubs qui regroupe l’ensemble des 43
clubs professionnels en France. Egalement, nous avons été élus à la
présidence du collège de Ligue 1 qui regroupe les 20 clubs de Ligue 1.
En septembre dernier, nous avons été élus au conseil d’administration
de la Ligue qui compte 25 membres dont 12 présidents de clubs. Vendredi
dernier, lors du dernier conseil, nous avons été élus au bureau de la
Ligue qui compte 12 membres dont 7 présidents de clubs. Enfin, on peut
ajouter que nous sommes à la commission marketing qui s’occupe en
particulier des droits TV.
Nous sommes également un des deux clubs français qui représente le
football professionnel à la Task Force sur l’arbitrage de la fédération
française.
Nous pouvons donc constater que l’ASSE est désormais présente avec
un rôle important à tous les niveaux du football français. En quatre
ans, nous sommes donc passés d’un rôle insignifiant à un rôle majeur
dans le football professionnel, ce qui est très satisfaisant.

Comment êtes-vous parvenus à ce que l’ASSE soit désormais présente dans tous les organes de pouvoirs du football français ?
Bernard Caïazzo : «D’abord,
nous devons cela à notre mode d’organisation. Pendant que Roland
Romeyer et Vincent Tong Cuong travaillent à Saint-Etienne sur
l’interne, je peux me libérer pour participer aux réunions nationales,
ce qui prend facilement 2 à 3 jours par semaines. Je dois, d’ailleurs,
remercier Roland et Vincent pour leur travail. Sans eux, je ne pourrais
être disponible sur le plan national. L’avantage d’être deux associés
dans un club médiatisé, comme l’ASSE, est d’être deux fois plus
présents et disponibles.
Le travail de Roland m’a donné de la disponibilité pour être
présent dans un premier temps à l’union des clubs dans les différentes
réunions de présidents.
Lors de ces réunions, mes collègues présidents ont appris à mieux
nous connaître. Lors des dernières élections, l’ASSE a été élue avec la
totalité des voix des clubs donc des autres présidents, ce qui
démontrent que notre travail est apprécié. L’ASSE défend les intérêts
de tous les clubs, qu’ils soient petits, moyens ou grands. Les clubs
français ont intérêt à s’unir car le football français est en danger
face à la concurrence des autres pays européens.
Il y a trois ans, l’ASSE a gagné une place au comité exécutif de
l’Union des clubs, puis il y a deux ans, nous avons été élu à la
vice-présidence.
Nous avons grandement œuvré pour une répartition juste et homogène
des droits TV en protégeant la Ligue 2 sans léser les clubs les plus
médiatiques.
Depuis quelques semaines, nous sommes présents au Conseil
d’Administration de la Ligue et surtout au Bureau de la Ligue qui, avec
12 membres, est peut être l’organe de décision le plus important du
football professionnel. Les 7 clubs représentés au bureau sont en plus
de l’ASSE, l’OM, Le Havre, Le Mans, Lyon, Lille et Reims.
Cependant, je défends un principe qui est de représenter
l’ensemble des clubs pros. Il ne s’agit pas de défendre les intérêts de
quelques uns, mais de défendre les intérêts de tous les clubs.
Avec le président de l’Union des clubs, Jean-Pierre Louvel,
président du Havre, nous tenons à cette valeur d’unité et d’équilibre.
Pendant trop longtemps, le pouvoir dans le football français a été
celui de 3 ou 4 présidents. Or, il faut respecter ceux qui vous élisent
et respecter la démocratie.

Afin d’expliquer comment fonctionnent les clubs pros en
terme de décision, quel est le rôle de l’UCPF, de la Ligue, du bureau
de la Ligue ?

Bernard Caïazzo : «L’UCPF, ce n’est pas le syndicat des présidents mais l’Union des Clubs. L’UCPF signifie Union des Clubs Pros de Football.
A la base l’UCPF est constitué de 43 clubs pros répartis en deux collèges : 20 clubs en L1 et 23 clubs en L2 et National
Les collèges travaillent sur tous les grands sujets et prennent des décisions.
Ces décisions sont rapportées au Comité exécutif de l’UCPF,
constitué de 14 membres (10 Ligue 1, 4 Ligue 2). Le comité exécutif
confirme les décisions des collèges. Sachant que sur 14 membres du
comité exécutif 11 sont au conseil d’administration de la Ligue, il est
facile de remonter la position majoritaire des clubs au conseil.
Sachant que les 7 membres du bureau sont au conseil mais également
au Bureau de la Ligue, il est clair que la position du bureau est celle
des clubs. Le système fonctionne donc de façon démocratique avec la
mise à exécution non pas de l’avis de Bernard Caïazzo ou de Jean-Michel
Aulas mais de celui de la majorité des clubs.
La conception et fonctionnement de ce modèle démocratique sont
récents puisque cela date de juin dernier. Les clubs ont adhéré à un
projet qui a pour but d’améliorer la compétitivité du football
français. Ce projet a été débattu et voté à la majorité absolue de
façon démocratique.

Cela explique-t-il la volonté des clubs d’être majoritaires au Conseil d’Administration de la Ligue ?
Bernard Caïazzo :
«Tout à fait. L’Union des clubs a fait faire une étude par un cabinet
conseil très sérieux sur le sujet de la compétitivité de nos clubs. Il
en est ressorti que, contrairement aux autres grandes ligues
européennes en France, les clubs ne détiennent pas la majorité au
Conseil d’Administration de la Ligue. Cette situation est un handicap
pour faire face à la concurrence européenne.
La France est restée à l’ancien système du temps où les clubs
étaient des associations Loi 1901. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Les grands clubs européens sont des sociétés solides avec des chiffres
d’affaire très importants et une organisation de leur Ligue qui n’a
qu’un seul objectif : améliorer leurs revenus et leur compétitivité.
Si nous ne mettons pas au diapason de l’Angleterre, l’Espagne,
l’Italie, l’Allemagne, je vous garantis que le football français va
connaître une grave crise de résultats.
De plus, sur le plan légal, qui sont les membres de la Ligue ? Ce
sont les clubs exclusivement. Est-il normal, dans une organisation
quelque qu’elle soit que les membres n’aient pas le pouvoir de décision
majoritaire ? Dans les associations de supporters, ce sont les membres
qui décident. A la Fédération, ce sont les clubs qui ont la majorité,
idem dans les ligues ou districts. A la Ligue de basket, volley, rugby,
ce sont les clubs. Il n’y a pas un seul exemple dans le sport, dans les
fédérations, les ligues, en France ou à l’étranger, où les clubs n’ont
pas la majorité.
Le seul et unique exemple dans le monde, c’est la Ligue de
Football Professionnel. Une telle anomalie dans le football moderne est
un handicap. La demande des clubs pros est d’être traité dans le
football, en France, comme partout ailleurs. Comment peut-elle être
illégitime ?

Le ministre des sports a donné raison aux clubs pros sur
le sujet, mais à demander d’attendre les prochaines élections à la
Ligue dans 4 ans ?

Bernard Caïazzo : «Je
ne suis pas sûr que Bernard Laporte veuille attendre quatre ans. J’ai
beaucoup de respect pour Bernard Laporte. Dans quatre ans, nous serons
devenus la 8e ou 9e nation européenne de football et il sera trop tard.
Bernard Laporte a demandé de lancer le dialogue avec nos partenaires et
les familles. Il ne veut pas de précipitation mais il est conscient que
le football français subit un handicap.
On ne peut continuer avec un conseil d’administration qui
fonctionne dans le compromis car aucune majorité claire ne se dégage.
Aucun système ne peut fonctionner sans une majorité claire.
Nous sommes d’accord pour que les syndicats de joueurs,
entraîneurs, arbitres, administratifs, médecins soient représentés
comme toujours à la ligue, mais nous voulons réparer cette anomalie qui
est, que la Ligue de Football en France, est la seule organisation
sportive dans le monde, où les membres n’ont pas le pouvoir de décision
majoritaire. Sur les questions économiques en particulier, c’est un
énorme handicap pour les clubs.


Si les joueurs ne sont pas d’accord et vont vers la grève ?
Bernard Caïazzo :
«Je crois que personne, joueurs, entraîneurs, arbitres n’a envie de
voire une grève. Les droits de joueurs dépendent de la Charte que le
conseil d’administration de la LFP ne peut changer. Si je suis joueur,
entraîneur ou arbitre, je réfléchirai à deux fois à mon véritable
intérêt. N’est ce pas le but d’avoir un football français compétitif,
puissant et organisé ?
Nos joueurs rêvent tous de l’Angleterre et de l’Espagne car les
footballeurs gagnent plus. Or, comment fonctionne le professionnalisme
dans ce pays ? Avec un vrai pouvoir majoritaire des clubs.
Si les joueurs veulent gagner plus en France, ils ont intérêt à ce
que les clubs maîtrisent leurs ressources économiques en étant
majoritaires à la Ligue. N’oublions pas que, plus un club dispose de
ressources, et plus les salaires des joueurs sont élevés. Même chose
pour l’arbitrage.
Les clubs préfèreraient un arbitrage professionnel ce qui est
également l’intérêt des arbitres. Dans tous les cas, l’arbitrage doit
rester indépendant. Les clubs ne veulent pas que la Ligue dirige
l’arbitrage. Ce serait une erreur de la part des hommes de terrain
d’aller vers la grève.
D’une part, cela ne changerait rien à la volonté de réforme des
clubs. D’autre part, vis à vis de l’opinion public et de tous les
français qui ont du mal à mettre de l’essence dans leur voiture, cela
produirait un effet désastreux.
Pour que l’économie du football se porte bien, il faut une direction claire des clubs.
Les joueurs devraient se poser la question. Pourquoi la LFP est le
seul exemple dans le sport en France et en Europe où les clubs ne sont
pas majoritaires. Si une organisation majoritaire des clubs dans le
football pro fait peur à certains joueurs, pour être cohérent et
logique, cela signifierait que ces joueurs n’iraient jamais jouer en
Angleterre, Espagne ou Allemagne, là où l’organisation du football est
dirigée par les clubs uniquement.
De plus, une grève ne servira à rien d’autre que perdre 10% de salaire aux joueurs.
L’Union des clubs a proposé aux syndicats de discuter pour
comprendre les motivations profondes, trouver des solutions et
travailler dans l’intérêt de tous.

Vous avez évoqué le sujet de l’arbitrage. En tant que
membre de la Task Force sur le sujet, quelle est votre opinion sur
l’arbitrage en France ?

Bernard Caïazzo : «
D’abord, il ne faut pas confondre arbitre et arbitrage. Il n’y a aucun
problème d’arbitre en France. Il y a un problème d’arbitrage en France,
comme dans tous les pays européens. L’arbitre fait son métier dans des
conditions difficiles. C’est une victime. Il faut soutenir et aider les
arbitres. C’est une erreur de mettre de la pression sur eux. En fin de
saison dernière, il y a eu très peu d’erreurs. Il y avait de gros
progrès grâce à l’adhésion et à la considération de tous, pour les
arbitres. Depuis le début de la saison, il y a de nouveau trop de
pression sur les arbitres.
Il s’agit bien sur de tout faire pour améliorer l’arbitrage, mais
ce n’est pas par des déclarations publiques que nous y arriverons.
Tout d’abord, il faut bien comprendre que, sans arbitre, il ne
peut y avoir de matchs de football. Ensuite, il faut prendre conscience
qu’un arbitre doit décider en une fraction de seconde et n’a pas dix
minutes pour voir et revoir des images bien confortablement installé
devant une télévision. Comment aider les arbitres ? C’est le seul et
unique objectif de la Task Force sur l’arbitrage mis en place entre
fédération et ligue.
Ce groupe de travail est animé par un président indépendant, qui a
une totale liberté d’action et d’opinion : Gérard Ernault, ancien
directeur de la rédaction de France Football. Cet homme de qualité qui
connaît bien le football poursuit un seul objectif «aider et améliorer
l’arbitrage en France».
Je crois vraiment dans la volonté et la capacité de ce groupe de
travail pour atteindre l’objectif de rendre meilleur notre arbitrage.
Il est important de comprendre que l’arbitrage français n’est pas en
dessous des autres arbitrages en Europe. Il doit simplement s’améliorer
comme notre football doit s’améliorer au niveau du jeu, comme de ses
structures. Chaque acteur de notre football doit prendre conscience que
l’arbitrage mérite d’être aidé plutôt que critiqué publiquement.
A l’ASSE, lorsque nous avons quelque chose à dire aux arbitres,
après un match, nous le faisons de façon courtoise dans la
confidentialité du vestiaire des arbitres. C’est la meilleure façon de
dialoguer en direct. Se servir des médias est une erreur.»


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Re: Bernard Caïazzo évoque le football français

Message par asse80 le Ven 17 Oct - 19:31

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Re: Bernard Caïazzo évoque le football français

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